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Au cours des siècles les plus sombres du christianisme, les 9-10ème siècles un empire islamique naissant  et largement étendu a exercé une "illumination" pour préserver et étendre une grande partie des sciences classiques. Les savants musulmans avait d’abord privilégies les arts et les sciences et encourager la traduction de la littérature antique. Les intellectuels musulmans ont adapté leurs connaissances aux besoins de l'Islam, mais ils étaient pour la plupart libres d'explorer de vastes horizons et ont inventé des inventions et des découvertes inimaginables dans la chrétienté.

Tandis que l’Occident sombrait sous l’absolutisme chrétien vicieux et obscur, dénigrait toute science en se disputant sur la divinité de Jésus, pendant que les érudits de l’islam se sont lancés à  jeter les bases de la science et des mathématiques modernes et ont entrepris des études et des analyses sérieuses de la science de l'antiquité. Pendant huit cents ans, l’arabe resterait la principale langue intellectuelle et scientifique du monde.

Alors que le débat autour de l'islam continue de créer controverse, colère et même violence, les "surprises" présentées  ci*dessous peuvent aider à replacer la nature de la civilisation islamique dans son contexte.. Les critiques de l'islam, autant que ceux qui prônent la violence en son nom doivent comprendre la sophistication culturelle et intellectuelle de la civilisation musulmane lorsqu'elle était largement reconnue comme la plus avancée. C’est aussi un rejet explicite de la riche civilisation musulmane qui se glorifie de sophistication culturelle, intellectuelle et philosophique.

Laissez-nous regarder quelques concepts musulmans, au moins qui peuvent surprendre :

Contrairement aux idées reçues, les musulmans ne sont pas d'abord arrivés en Europe dans l'intention de la conquérir.

Il s’agit en fait d’un petit contingent militaire qui a atteint la côte sud de l'Espagne en 711 en réponse aux plaidoyers de la communauté juive, qui ont été durement persécutés par les dirigeants wisigoths. Les nobles chrétiens comme le Comte Julian, conseiller du roi Rodrigue, dernier des monarques wisigoths d'Espagne, dont la fille avait été violée et déshonorée par le Roi, auraient également demandé une intervention musulmane. Le succès rapide des musulmans est dû en grande partie à la brutalité et aux divisions du royaume chrétien et wisigothique. Les hérétiques et les juifs ont été pénalisés et persécutés.

C’est précisément cette raison et avec le soutien de larges couches de la société locale, qui a permis aux musulmans de s’établir plus facilement en Al-Andalus, et surtout d’être accueilli en Libérateur.  

En décrivant les musulmans comme "arriérés", "attardés" et "barbares", tout en estimant qu'ils ne sont pas capables d'équilibrer leur religion avec une pensée rationnelle. Mais dans leurs recherches les musulmans avaient déjà atteint un équilibre entre les deux positions des siècles avant les autres sociétés européennes.

Le débat entre la foi et la raison qui agitait les philosophes musulmans depuis la naissance de l’islam et ses premières rencontres avec la philosophie grecque a trouvé l’un de ses fidèles les plus sophistiqués à Ibn Rushd, ou Averroès, en Andalousie au XIIe siècle.

Les traductions et les commentaires d'Averroès sur Aristote et Platon ont tellement influencé des érudits chrétiens comme Thomas d'Aquin que lui et d'autres érudits européens, estiment que son nom n'avait pas besoin d'être explicités

Ou encore Moïse ben Maïmoun dit Maïmonide philosophe juif de grande renommée, médecin, s'inspire d'Aristote et des auteurs musulmans pour "rationaliser" et codifier le credo juif.  

Je cite à l’honneur le génie musulman qui a révolutionné l’aviation en étant le premier homme à voler, Abbas Ibn Firnas un célèbre savant d’origine berbère qui vivait à Cordoue entre 810 et 887. la littérature scientifique attribue à Leonard De Vinci la paternité du planeur et de l'hélice, on oublie que ce savant s’est surtout inspiré des travaux de Abbas Qasim Ibn Firnas.  il est réputé pour avoir montrer très tôt un intérêt pour les sciences, parmi lesquelles l’astronomie, la chimie et la physique. Durant sa jeunesse, il œuvre à la mise en place d’une manufacture de verre obtenu à partir du sable et de la roche.

Il conçoit également une clepsydre, horloge à eau fonctionnant sur le même principe que le sablier: l’écoulement d’une quantité d’eau fixe la durée écoulée. Aujourd’hui, à Cordoue l'un des principaux ponts au centre duquel «une structure métallique abstraite symbolise la silhouette de l’ingénieur Firnas, le premier homme de l’histoire à s’envoler avec des ailes artificielles.» porte le nom Abbas Ibn Firnas, ainsi qu'un cratère de la Lune..

Il est important de noter que c’est «la tentative de vol de Ibn Firnas qui a ouvert le champ de l’aviation »,  

A juste titre Abbas Ibn Firnas doit être considéré et reconnu comme le père de l’aviation dans le monde.

Il est à noter également que Cordoue, en Al Andalus, était la ville la plus peuplée et la plus scintillante d’Europe au 10ème siècle. Ses rues étaient éclairées et il y avait des bains, des jardins et des bibliothèques partout. Pour la bibliothèque principale le chiffre cité par toutes les sources est 400.000 volumes. alors que la plus grande bibliothèque d'Europe, en Suisse, comptait 800 volumes. Les visiteurs sont venus de tout le continent pour s’émerveiller de la civilisation andalouse.

Une religieuse en Saxe, Hrotsvita de Gandersheim   poétesse et chanoinesse de l'abbaye de Gandersheim l’avait décrite comme «l’ornement du monde».

Cordoue a été la plus grande ville d'Europe pendant plus de deux cents ans, non seulement par sa population, mais également par la richesse de sa vie culturelle et intellectuelle. L’existence d’une Académie juive et l'école talmudique de la ville dirigée par un juif fortuné Hasdai Ibn Shaprut  éclipsèrent les Académies babyloniennes de Sura et de Pumbeditha. La domination musulmane se poursuivit dans un Al Andalus  pendant 700 ans et dans cet Espagne des Omeyyades, les chrétiens et les juifs (appelés «Mozarabes») jouissaient des mêmes libertés que les musulmans, prospéraient dans le commerce et étaient admis dans les écoles et les universités.

Deux des plus grands romans de la littérature occidentale portent directement ou indirectement la marque de la culture islamique. "Don Quichotte" et "Robinson Crusoé" ont été choisis par les experts et les critiques comme étant respectivement le numéro un et trois sur la liste des "100 plus beaux romans de tous les temps" du Guardian.

Dans le premier, Cervantes a commencé son roman en révélant  qu'il s'agissait d'un manuscrit écrit par un arabe appelé Cide Hamete Benengeli.  Cervantes s’estime être une sorte d'érudit qui a recueilli des données auprès d'autres auteurs, il trouva quelques papiers écrits en arabe par Cide Hamete Benengeli et traduire que c’était l’histoire de Don Quichotte, il verra désormais que l’histoire est la traduction de l’œuvre arabe.

Quant au troisième, Il s’agit du « Hayy ben Yaqdhân »  « Le Vivant fils du Vigilant », traité du philosophe andalou Aboû Bekr Ibn Tufayl

« De tous les monuments de la philosophie arabe », dit Ernest Renan en parlant du « Hayy ben Yaqdhân» « c’est peut-être le seul qui puisse nous offrir plus qu’un intérêt historique»

Le thème du roman "Hayy ibn Yaqdhan" du philosophe andalou Ibn Tufayl au sujet d'un homme échoué sur une île déserte avec un compagnon, aucune entreprise féminine et engagée dans des questions philosophiques sur la nature de la société, préfigurait "Robinson Crusoé" de Daniel Defoe (première publication en 1719).

Cet ouvrage, curieux à plus d’un égard, offre six cents ans avant Daniel Defoe un prototype scientifique, philosophique et mystique du « Robinson Crusoé ».

Il s’ouvre par la supposition d’un enfant qui naît sans père ni mère, dans une île déserte. Cet enfant, c’est Hayy ben Yaqdhân. Il est adopté par une gazelle, qui l’allaite. Il grandit, observe, réfléchit. Doué d’une intelligence supérieure, non seulement il sait ingénieusement pourvoir à tous ses besoins, mais il arrive bientôt à découvrir de lui-même, par les seules forces de son raisonne­ment, les notions les plus élevées que la science humaine possède sur l’univers.

En fait, l'influence de "Hayy ibn Yaqdhan" sur l'Europe était si grande qu'elle "pouvait être considérée comme l'un des livres les plus importants qui ait annoncé la révolution scientifique".

« Seul parmi les auteurs arabes d’allégories philosophiques,   Ibn Tufayl  a su garder la juste mesure, tenir la balance égale entre les [différents] genres [littéraires] », dit Léon Gau­thier

Les droits individuels, la pensée indépendante, l’empirisme et le rationalisme sont liés aux débats et discussions tenus par les grands penseurs européens des XVIIe et XVIIIe siècles: Lock, Rousseau, Voltaire et Kant, entre autres. Mais ces penseurs ont une dette envers un personnage musulman du 12ème siècle: un philosophe médecin nommé Ibn Tufayl qui a écrit une histoire appelée Hayy ibn Yaqdhan - qui est peut-être l'histoire la plus importante que vous n'ayez jamais entendue.

L’Islam est fréquemment accusé d’intolérance et de rejet de l’harmonie avec les autres cultures et religions. Pourtant, l'Espagne musulmane ou la civilisation andalouse offre l'un des exemples les plus brillants d'harmonie, de paix et de prospérité entre les différentes religions de l'histoire de l'Europe.

Le terme espagnol La Convivenciaou Coexistence décrit cette époque à Al-Andalus. L'harmonie au niveau politique a engendré créativité et prospérité. Il existe des exemples de peuples juifs et chrétiens cherchant refuge et protection dans des pays islamiques en raison de leurs persécutions dans l'Europe chrétienne. Ils ont cherché refuge en vertu de la loi islamique qui a préservé leurs libertés.

C’est aussi une acceptation explicite de la riche civilisation musulmane qui se glorifie de sophistication culturelle, intellectuelle et philosophique et en final je suggère simplement qu'il y a des leçons d'histoire pour nous, si seulement nous sommes prêts à y penser et à en tirer des leçons.